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jeudi 18 avril 2013

Détournement de contes

Apparemment c'est dans l'air du temps... Alors aujourd'hui j'ai décidé de me faire quelques petits contes détournés de Geoffroy de Pennart.

Et hop 4 Lutins Poche pour déjeuner!

 Chapeau rond rouge, Geoffroy de Pennart
L'École des Loisirs.


Tout le monde connait le Petit Chaperon Rouge! Mais connaissez vous, Chapeau rond rouge? C'est une petite fille qui vit à l'orée de la forêt. Sa grand-mère lui a offert un joli chapeau rond rouge qu'elle ne quitte jamais. Et c'est pour cela qu'on l'appelle Chapeau rond rouge. 
Bon on commence déjà à s’emmêler les pinceaux. Mais si c'était la seule partie du conte que Geoffroy de Pennart n'avait pas comprise on finirait par retomber sur nos pattes. Mais non...
En chemin pour aller porter deux belles tartes à sa grand-mère, elle tombe sur un grand chien noir. A force de l'asticoter, elle finit par l'agacer, et il décide de lui donner une bonne leçon. Mais les choses ne se passent pas comme prévues. 
Il s'agit là d'une adaptation très sympa et rigolote! Même si en adaptation, pour moi, rien n'égale le délicieux et hilarant Et pourquoi?
de Michel Van Zeveren. Au delà du côté qui rend fou, tous ceux qui ont côtoyés un jour des jeunes enfants ont du se trouver face à cette situation du "Pourquoi?" auquel suit invariablement un "Pourquoi?" 








Mais revenons-en à nos moutons. Ou plutôt à nos chevreaux...

 Et oui car petit Geoffroy de Pennart n'a rien compris au Loup et les Sept Chevreaux non plus...
   
 Le loup, la chèvre et les 7 chevreaux, Geoffroy de Pennart
L'École des Loisirs, 36p.

Pourtant pour le Loup, cette journée devait être "Mémorable". Mais dans la tête de l'auteur tout semble se mélanger! On approche même du Vaudeville lorsque la chèvre rentre pour trouver son époux tenant une autre femme dans ses bras! Mais c'est que le déguisement du Loup est si bien fait!
C'est bien plus déjanté que la version moderne de Tony Ross! 
L'histoire de la vieille bique et de ses sept biquets, Tony Ross
Mijade, 32p.
Bah oui, un loup en robe et talons ça n'a pas autant de classe et de naturel qu'une maman chèvre!

Mais les loups de Goeffroy de Pennart sont tout de même très sympathiques. Pas tous il est vrai! Mais Lucas, son Loup le plus célèbre a un cœur d'or!
Aussi quand il capture -enfin- un cochon pour le dévorer, il se lie d'amitié avec son diner.
 Le déjeuner des loups, Geoffroy de Pennart
L’École des Loisirs.

Cette fois-ci c'est une sorte d'Hansel et Gretel mais totalement remixé à la sauce Pennart! 
Lucas invite toute sa famille à venir déguster son mets de choix, mais avant ça il lui faut l'engraisser. Sauf que Maurice -le plat de résistance- ne l'entend pas de cette oreille! Comment éviter la rôtissoire? En devenant un ami indispensable pardi!
Et celà ne plait pas du tout à Igor. Son père. Vous savez ce méchant loup qui essayait de manger les chevreaux! Et bien l'appétit ne lui manque pas. Aussi quand les Trois Petits Cochons rentrent chez eux après une tournée mondiale, pour un repos bien mérité, il semble vouloir leur offrir un repos bien éternel!



       
 Igor et les trois petits cochons, Geoffroy de Pennart
L'Ecole des Loisirs, 34p.
Il va donc les poursuivre, de maison de brique, en camping car pour finir à la salle des fêtes! Et finalement la surprise est de taille, pour tous!

Bon vous l'aurez compris, Geoffroy de Pennart aime les contes. Mais à sa sauce. Il les place dans un shaker, secoue le tout, et pouf, nous sert un cocktail détonnant!
C'est drôle, surprenant et on en redemande.
Ses illustrations sont super! Des détails à suivre de page en page, des gags en second plan. On se plait à chercher les clins d’œil qu'il se fait d'un album à l'autre.
Le problème avec ses contes détournés, c'est que lorsqu'on commence on ne peut plus s'arrêter!

        
 
   

 

vendredi 12 avril 2013

Les jours de la semaine

Loup ne sait pas quel jour on est, Nadine Brun-Cosme et Nathalie Choux, 
Père Castor, 24p.

Cette semaine Loup et ses amis ont décidés de faire de la confiture. Lundi ils cueilleront les pommes, mardi ils les pèleront, mercredi ils couperont du bois, jeudi ils prépareront les ustensiles, vendredi ils feront chauffer le feu, samedi ils la cuiront, et dimanche un délicieux pic-nique pour la déguster.
Mais voilà, Loup ne connait pas les jours de la semaine. Comment savoir à quel jour quel rendez-vous?

L'histoire est racontée comme une petite comptine, basée sur la répétition. Tous les jours Loup se trompe, et se trompe encore. Il n'ose pas avouer son ignorance. Et chaque fois il pense que ses amis l'ont oublié. Finalement il finit par se dévoiler. C'est à l'aide d'une petite chanson -et tout de suite, dans notre tête on entonne le célèbre "Lundi matin, l'empereur, sa femme et le p'tit prince"- qu'ils vont lui apprendre l'ordre des jours.

Un album sympathique pour les touts petits, qui aide à apprendre le déroulement de la semaine, et l'ordre des jours.

lundi 8 avril 2013

Graffiti Moon

Graffiti Moon, Cath Crowley
Albin Michel, collection Wiz, 304p.

Lucy 17 ans termine tout juste le lycée. Avec sa meilleure amie Jazz, elles décident de passer une nuit blanche dans les rues de la ville pour fêter cette fin d'année, cette fin d'époque. Une quête dans les rues, à la poursuite de l'Ombre, un graffeur qui la fascine tant qu'elle est persuadée en être amoureuse. Amoureuse d'un fantôme, d'un garçon qu'elle imagine, et qu'elle ne connait que par ses dessins sur les murs de leur ville grise. Mais la soirée ne prends pas le tour qu'elle aurait imaginé. Finalement c'est aux côtés d'Ed qu'elle va passer cette nuit de chasse, un ancien élève de sa classe pour lequel elle a eu le béguin avant de lui casser le nez. 
Une course poursuite contre le lever du jour, une recherche de l'autre, mais aussi de soi-même à un âge où tout semble possible.

- Tu voulais de l'action et de l'aventure, eh bien tu en as eu.
- Un peu de romance ne m'aurait pas déplu non plus. 
 

Voici donc une histoire d'amour urbaine et contemporaine pas du tout niaise. 
D'abord j'ai aimé le fait que l'histoire se déroule en une nuit. Une simple nuit qui va faire fortement évoluer les personnages. 
J'ai aimé l'aspect très réaliste de l'histoire et des personnages. Chacun a ses problèmes, ses failles. Lucy vit mal le fait que son père vivent dans la cabane au fond de leur jardin, mais que ses parents ne parlent pas clairement de divorcer. Situation étrange qui l'a perturbe grandement. Elle, qui est fan des romances de Jane Austen, est amoureuse d'un garçon qu'elle ne connait pas, qu'elle imagine seulement au travers de ses grafs qui passement la ville.
Ed est paumé. Il a été obligé d'arrêter le lycée parce qu'il ne comprends pas les mots, ne sait pas bien lire, et a du mal à s'exprimer. Depuis que son patron, véritable mentor pour lui, est décédé il est sans emploi. Sans argent, sans avenir, il ne supporte pas faire du sur-place pendant que le monde autour de lui continue d'avancer. Il a l'impression de ne pas avoir d'avenir alors que tous marchent vers leur avenir.
Jazz est délurée, mais elle aide Lucy a profiter de son adolescence. 
Léo, le meilleur ami d'Ed, sous ses airs de mauvais garçon, est Le Poète. Il manie les mots avec aisance. Mais être ado et fan de poésie ce n'est pas forcément la classe, alors il le cache, il a honte. 
Chacun se retrouve face aux regards des autres, et se cache sous des faux semblants par peur de décevoir.

Un roman fort sympathique, qui fait passer un très agréable moment. A partir de 13 ans.
      

mardi 2 avril 2013

Folie furieuse

Impurs, David Vann
Gallmeister, 288p.

Après les grandes étendues de l'Alaska, la neige, les pins, et l'eau omniprésente, David Vann nous entraine cette fois dans la fournaise de la Californie en pleine canicule.
Dans une ancienne plantation de noix, Galen, 22 ans, vit avec sa mère, Suzy Q. Lui rejette son enveloppe corporelle et cherche à atteindre le Nirvana par la méditation (bien qu'il soit assez obsédé sexuellement, surtout par sa cousine nymphomane de 17 ans). Elle cherche à retrouver le bonheur de son enfance idéalisée. Ils vivent presque en vase clôt dans cette immense maison, propriété de la grand-mère, placée en mouroir depuis qu'elle perd la tête. Leur quotidien est fait de petits riens. La prise du thé sous le figuier, la visite journalière à la grand-mère, les visites de la tante- Helen- et la cousine de Galen -Jennifer- qu'il appelle la mafia. Vue comme ça on pourrait penser à une famille normale. Mais qu'est-ce que la normalité familiale chez David Vann?
Tous se haïssent. Tous accusent un mal être qu'ils imputent aux autres. Personne n'est responsable des ratés de sa vie, tous sont coupables des malheurs des autres. Et dans ce terreau, David Vann fait pousser une nouvelle fleur toxique qui fera exploser le faible équilibre.

Comme dans ces précédents romans (si vous ne l'avez jamais lu, ruez vous sur Sukkwan Island et sur Désolations), on sent le drame poindre. Il est là, présent, palpable. Mais quand la bombe va-t-elle exploser? Où? Comment? Qui va appuyer sur le détonateur? Il joue avec nos nerfs, frôlant la catastrophe, puis la laissant filer au loin, relachant la pression de la cocotte. Lorsque cette famille de "white trash" part en vacances pour quelques jours dans une cabane dans la montagne la tension est à son maximum. Mais non. Chacun rentre chez soit. La vie semble suivre son cours. Et pourtant...

C'est une lente descente aux enfers, une folie pure qui grandit lentement, s'insinue dans un esprit. Et quand elle prend forme elle est effrayante.

J'ai adoré ce roman de Vann. C'est noir, opaque, on s'y embourbe. On étouffe dans la chaleur californienne, on est assoiffé par ce manque d'eau, cette terre craquelée. On frémit devant cette folie. Mais j'en redemande. 
Sans doute suis-je folle moi aussi. Surtout que j'ai trouvé le début très drôle...


 

   

lundi 1 avril 2013

Sœurette je te hais, je t'aime

J'aime pas ma petite sœur / Je veux être la grande!, Sébastien Joanniez
Rouergue, collection Boomerang, 48p.


Ce coup ci un seul auteur. Sébastien Joanniez donne la parole à deux sœurs. Et toutes deux se détestent! Et elle ne le cachent pas!
C'est vrai quoi, quand on est la grande il faut toujours être gentille, montrer l'exemple, faire des efforts! On est tout le temps punie! En plus les parents donnent plus d'attention à la petite, alors on se sent moins aimée. On pense à fuger...
Quand on est la petite on se fait toujours commander! Comme si la grande sœur savait tout! Mais elle sait rien, rien de rien. Alors on lui montre qu'on sait se débrouiller bien mieux qu'elle, parce qu'on n'a "pas besoin qu'on s'occrupe" de nous! 

Les rapports entre soeurs ne sont pas toujours évidents! C'est souvent de l'amour vache. On s'aime mais on se dit qu'on se déteste. Mais on n'est rien sans elle!
Sébastien Joanniez le montre bien dans ce petit livre. Je trouve que cet amour est beaucoup plus visible dans le monologue de la grande. Sans doute la petite est elle encore trop petite pour savoir correctement exprimer son amour. Et puis je ne suis pas objective, puisque je suis moi-même la grande!

Un petit livre qui se lit tout seul. Si ça se trouve les petites sœurs vont très bien se reconnaitre dans la petite, après tout, j'ai trouvé les propos de la grande très justes...

Et pour lire quelques citations