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jeudi 8 janvier 2015

L'étranger de Cabu

L'étranger de Cabu, 
en collaboration avec SOS Racisme, 
Le cherche Midi, 
96p, mai 2002.

En mai 2002, après les résultats du FN au premier tour des présidentielles, Le cherche Midi et SOS Racisme publiaient ensembles ce petit recueil des dessins de Cabu. Certains de ses dessins avaient été publiés dans Charlie Hebdo, d'autres venaient du Canard Enchaîné ou autres.

Tous ces dessins autour du racisme, de la montée de l'extrême droite, de Le Pen... compilés dans cet ouvrage ne sont pas récents. Pourtant nombre d'entre eux nous parlent encore.
C'est drôle, caustique, piquant, comme souvent chez Cabu. Et ça tombe souvent bien juste. 

Puisqu'un dessin vaut plus qu'un long discours, il suffit de remplacer "Jean-Marie" par Marine et il est encore plus d'actualité.



L'étranger de Cabu, p76-77.
Le Cherche Midi, 2002.












Ce 7 janvier est un jour choquant et sombre pour tous. Mais attention à ce qu'il n'offre pas une porte ouverte aux extrémismes de tous bords. Cabu se battait contre une seule race, celle des cons. La liberté d'expression a été bafouée hier. Mais nous nous devons d'être encore plus vigilants à ce que soit respectés nos semblables humains de toutes confessions. Des types qui n'avaient ni humour ni assez d'intelligence pour répondre à des dessins et des mots par des dessins et des mots ont assassinés 12 innocents. N'oublions pas de rire de tout en restant unis.
Comme le disait Cabu dans sa préface à son livre Peut-on encore rire de tout? (Le Cherche Midi, mars 2012)
"Peut-on rire de tout?
Et pourra-t-on encore demain rire de tout?
Ces question méritent d'être posées...

Et c'est l'objectif de ce livre.
Pas de limites à l'humour qui est au service de la liberté d'expression, car là où l'humour s'arrête, bien souvent la place est laissée à la censure ou l'autocensure.
Ni les religions et leurs intégristes, 
ni les idéologues et leurs militants,
ni les bons pensants et leurs préjugés
ne doivent pouvoir entraver le droit à la caricature, fut-elle excessive.
Cabu."



 Au 12 innocents qui eux, avaient de l'humour.

"Parfois quand on désespère de l'actualité, un de ses croquis nous fait bien marrer et surtout nous rappelle que le tragique, la violence, la haine parfois, ne résistent pas aux éclats de rire". Malek Boutih, en préface de L'étranger de Cabu.

mardi 6 janvier 2015

Le noir est ma couleur, tome 2.

Le Noir est ma couleur, tome 2, 
La Menace, 
Olivier Gay, 
Rageot, 304p
septembre 2014
A partir de 13 ans.

Je vous avais parlé il y a plusieurs mois, et avec enthousiasme, du premier volume de la saga d'Olivier Gay, Le Noir est ma couleur. Cet automne sortait le deuxième volume. Je sais, j'aurais mis le temps pour écrire ma critique... J'ai honte! Aucune régularité!
Alors si vous n'avez pas encore lu le tome 1, ne lisez pas trop le résumé, vous y trouverez des infos qui gâcheraient le plaisir de la lecture...

Dans ce deuxième opus, nous retrouvons donc Alexandre et Manon. Comme dans le premier, chacun leur tour nous raconte leur vision des événements. Sauf que la vision des événements par Alexandre est un peu... perturbée. En effet, ce dernier se réveille à l’hôpital, sans souvenir aucun de la façon dont il s'y est retrouvé. Aucun souvenir de toutes les aventures qu'il a vécu aux côtés de Manon dans le tome 1. Alors quand cette dernière vient le trouver car elle a encore besoin de son aide, tout est à refaire. Enfin tout... presque tout. Heureusement que les liens qu'ils avaient noués ont laissé une trace dans le cœur d'Alexandre. Mais cette fois-ci c'est Alexandre qui semble être la cible d'attaque d'Ombres. Que lui veulent-elles, à lui qui n'est pas un Mage comme Manon?
Et Manon qui doit faire face à ses nouveaux pouvoirs qui lui font si peur. Comment faire pour apprendre à les apprivoiser sans se faire repérer? Mission d'autant plus difficile avec l'arrivée de Jordan. Bel américain, fils d'amis de ses parents, Jordan est, lui aussi, un mage. Manon va devoir se montrer encore plus prudente. Alexandre et Manon doivent désormais faire face à de nouveaux ennemis. Mais quel est le pire?

Comme le premier, ce tome se lit d'une traite. J'y ai retrouvé tout ce que j'avais aimé précédemment. Cette fois-ci je me suis un peu plus attachée à Manon, que je trouvais un peu pimbêche il est vrai. Les deux personnages principaux prennent en profondeur. Mais ils doivent faire face à de nombreux obstacles. Reste à savoir comment ils vont s'en sortir.

Le troisième volume est prévu pour le 21 de ce mois-ci. Autant vous dire que je l'attends de pied ferme!


jeudi 18 décembre 2014

La blancheur qu'on croyait éternelle


La blancheur qu'on croyait éternelle, Virginie Carton, 
Stock, mars 2014, 
224p.

Il est sympa ce titre, on dirait la chanson de Souchon! Voilà ce que je me suis dit en voyant le livre. Et puis comme j'aime bien Souchon...
Dans ce roman il est question de Mathilde et de Lucien. Deux êtres décalés, perdus dans l'anonymat de Paris. Tous deux trentenaires et célibataires, ils ne se connaissent pas. Et pourtant ils vivent dans le même immeuble. Mathilde vends des chocolats après des études d'HEC. Lucien est pédiatre et vient d'ouvrir son cabinet. Dès le début on se dit que ces deux âmes solitaires sont faites pour vivre ensembles. Et pourtant, en se croisant lors d'une soirée déguisée de 6 personnes, ils ne se parlent pas. Leur timidité commune les éloigne. 
Au fil des pages on suit ces deux cœurs solitaires, qui rêvent de trouver leur moitié, et pensent qu'ils vont finir vieille fille et vieux garçon.

Bon ok l'histoire n'a rien d'exceptionnel. Deux être décalés avec leur temps et leur société, qui ne se doutent pas que l'amour se trouve sur le pas de leur porte, je vous l'accorde ce n'est pas bien original. 
Et pourtant, ce petit roman de Virginie Carton se lit d'une traite. On l'avale comme un bonbon qu'on laisse fondre sur la langue. Il est frais, doux, revigorant. 
Dedans on nous parle de cinéma (Lucien est fan de Jean-Louis Trintignant et d'Un homme et une femme de Lelouch; tandis que Mathilde se rêve en Romy Schneider, mais pas dans Sissi). On nous parle de théâtre, avec le séjour de Lucien à Avignon. Délicieux moment que ces scènes inspirées par Le monologue Shakespearien de Delerm. Parce que oui, surtout c'est la musique qui est très présente dans ce roman.
Tout au long de la lecture on se rends compte de l'importance donnée à la musique par Virginie Carton. La musique est présente soit sous forme de bande sonore (morceaux dont les personnages se souviennent lors d'une boum ou d'un moment important, morceaux chantés en soirée...), et de manière plus discrète sous forme d'inspiration. 
Parfois juste dans une phrase, comme quand Mathilde parle de sa peur de finir vieille fille, elle qui ne veut pas mettre du vieux pain sur son balcon pour attirer les moineaux, les pigeons. Soit dans une scène complète, comme si elle imaginait ce qui pourrait se passer en plus mais dont on ne parle pas dans la chanson. Lucien boit donc un Pepsi à une terrasse, avant d'aller voir une pièce de Shakespeare au cours de laquelle il se demande comment les cheveux d'une jeune femme sont noués.
Au-delà de la lecture de cette comédie romantique, on finit par se prendre au jeu, comme si nous jouions à Chabadabada. A la fin du roman, Virginie Carton nous liste la bande originale de son roman. On se plait donc à rechercher les passages liés aux chansons que l'on aurait loupé. On rajoute un ou deux titres que l'on a vu glissé dans le texte mais qu'elle ne met pas dans sa liste. 

Pour résumer, La blancheur qu'on croyait éternelle est un roman très frais et positif. Une comédie romantique dans laquelle il est facile de se reconnaître. Un roman qui fait du bien, à l'écriture douce. Certain chapitres en italique, racontés par une voix off, m'ont fait pensé à Amélie Poulain. Un roman d'amour qui parle à de nombreuses générations, à l'atmosphère enchanteresse, dont on ressort avec le sourire. Un petit roman qui met du soleil les jours de pluie, sans être prétentieux. Une très joyeuse lecture détente au coin du feu en ces jours d'hiver, à déguster avec la boite de chocolats reçue en cadeau de Noël.

lundi 8 décembre 2014

3 contes cruels.

3 contes cruels, Perceval Barrier et Matthieu Sylvander,
L'école des Loisirs, 52p
5 à 7 ans.
Dans cet album plein d'humour découvrez les aventures des Poireaux aventureux, qui rêvent de voyage, des Carottes moqueuses qui cherchent à ne pas finir comme les Poireaux. Puis enfin un troisième contes, qui raconte l'amour impossible entre Roméo et Julotte, membres des camps rivaux. Un amour qui tournera à la tragédie potagère.
Finalement un jardin de personnages naïfs qui ne sont pas sans rappeler certains d'entre nous. Des petits contes à la manière de La Fontaine où les animaux sont devenus des légumes. Comme nous?
C'est drôle. Rire de nous, de nos travers, avec un petit fond aigre fait du bien aussi.
Le format entre l'album jeunesse et la BD est très sympa et dynamise la lecture pour les jeunes lecteurs. Les dessins sont hilarants, et vous craquerez forcément pour Roméo et sa mèche rebelle!


samedi 29 novembre 2014

Le Joyau.

Le Joyau, Amy Ewing
Robert Laffont,R,
septembre 2014, 468p.

Alors autant vous le dire tout de suite, il ne s'agit pas d'un grand roman, mais d'un moment sympathique de lecture. 
Violet Lasting, est née dans une ville divisée en quartiers circulaires. Originaire du Marais (le quartier le plus pauvre en périphérie de la ville), des examens sanguins ont révélés qu'elle avait la mutation génétique permettant de donner naissance à un enfant pour l'une des familles riches de la ville. Enlevée à sa famille, élevée dans un internat pour jeunes filles mères porteuses comme elle, elle est ensuite vendue aux enchères et achetée par la Duchesse du Lac, l'une des femmes les plus puissantes du Joyau (partie centrale de la ville où se trouve aussi le pouvoir royal). 
Dans ce panier de crabes de la haute société, entre trahisons, coups bas, manigances, meurtre, et soirées mondaines, Violet va devoir accepter son sort et survivre. Mais la rencontre avec Ash risque de bouleverser tous ses plans.

Encore une dystopie. Et oui, c'est la mode. Mais bon, comme dans les nombreuses dystopies qui sortent en ce moment Violet n'est pas trop une battante. Certes son pouvoir est bien développé (ah oui j'ai oublié de vous parler des pouvoirs qu'elles apprennent à maîtriser lors de leur apprentissage en internat), mais elle subit plus qu'elle n'agit. Et alors quand elle tombe amoureuse... ouille ouille ouille! Désolé Violet, mais pour moi tu es niaiseuse à souhait.
Mise à part Violet, j'aime bien certains personnages qui l'entoure. Notamment celui de la Duchesse, beaucoup plus complexe qu'il n'y parait au premier abord. Sa meilleure amie, Raven, une battante insoumise est aussi très intéressante, malgré le fait que l'on ne la suive pas beaucoup.

Ce premier tome pose les bases de l'univers et de l'histoire. Les intrigues y sont assez nombreuses, malgré le fait que l'action soit assez molle. Pour le moment ce sont surtout des essayages de toilettes, des repas, des soirées, des escapades dans le jardin.

J'ai eu un sentiment de "déjà vu". Des réminiscences de lecture du Dernier Jardin de Lauren Destefano (dont je n'ai pas parlé ici tellement je l'ai trouvé pourri... Mais passons). Malgré tout j'ai trouvé intéressant le problème des Mères Porteuses. On y retrouve des similitudes avec le sort réservé aux esclaves noirs. Des êtres humains vendus sous un numéro de lot, qui perdent leur nom, leur identité, deviennent des bêtes de foire trimbalés en laisse par leur propriétaire. Des petits animaux d'apparats que l'on garde dans une cage dorée.

J'attends tout de même la suite car je suis frustrée de l'action qui n'arrive qu'à la fin.

Un bon moment de lecture, un roman qui ne demande pas trop d'efforts ni trop d'implication, mais qui joue bien son rôle de lecture distrayante. Il ne restera pas dans les annales pour moi. Reste à voir la suite de cette nouvelle trilogie.

vendredi 28 novembre 2014

Au-delà des Terres Gelées

Au-delà des Terres Gelées, Ronan Le Breton, 
illustrations de François Gomes,
Graine2, A partir de 9 ans, 
juin 2013, 
194p.

J'avais commencé ce roman à sa sortie, puis j'étais passé à un autre sans avoir beaucoup avancé dans ma lecture. Et là, en une soirée c'était avalé. Il m'a suffit de recommencé pour cette fois me plonger entièrement dans les aventures de Benjamin Thénor, et de vivre ce voyage extraordinaire à ses côtés. Comme quoi, parfois, un livre, c'est aussi une question de timing. Merci donc aux éditions Graine2 pour cet envoi sans lequel je serais passé à côté d'un roman très sympathique et surtout très original.

Original d'abord par son histoire. Benjamin part avec son père pendant les vacances de Noël. Ce dernier doit faire un reportage photos en Laponie. La mère de Benjamin ayant disparue, il ne peut faire autrement qu'emmener son fils avec lui. Rares sont les romans qui se déroulent dans cette partie du monde. Et pourtant on y retrouve une terre peuplée d'êtres magiques et de croyances sériques comme en Bretagne ou en Irlande (en Islande aussi, mais comme la Laponie ce n'est pas une région très prisée des auteurs).  Voici donc un roman d'aventure qui permet de découvrir les us et coutumes traditionnelles d'une région assez lointaine. Sous le prétexte des fêtes de Noël, l'auteur nous lance dans une aventure qui mêle magie, croyances populaires et aventure plus traditionnelle. Benjamin se retrouve entraîné par le Joulupukki (le Père Noël). Pour l'aider, le Joulupukki offre à Benjamin un Olkipukki (une figurine de paille tressée et de tissu rouge qui prends des formes variées, mais surtout celle d'un lutin cornu, et prodigue protection à son propriétaire). Et Benjamin va bien avoir besoin de cet Olkipukki pour se sortir des griffes de la terrible Fée du Lac. 
Comme vous le voyez cette aventure permet de se plonger pleinement dans les croyances Lapones et donnent à l'aventure une touche féerique bien agréable.

Mais ce roman est aussi très original dans sa forme.
Il s'agit d'un roman à partir de 9 ans, on ne s'étonnera donc pas des illustrations qui jalonnent le texte.

Toutes en noir et blanc, elles sont vraiment chouettes. J'ai beaucoup aimé la double pages d'animaux croqués au "Zoo" de Ranua. Mais celle Tunturi présentée ici renforce aussi le côté magique de l'histoire.


En plus des illustrations traditionnelles, François Gomes, auteur de bande-dessinée, retrouve ses premiers amours, avec des planches de BD intégrées à l'histoire. Elles ne sont pas là juste pour illustrer une partie du texte, non. Elles font partie intégrantes de l'histoire. 

Elles permettent de modifier la narration, tout en donnant un souffle à la lecture. Vraiment super!

Et, de plus, le roman intègre le genre épistolaire. Une lettre et plusieurs e-mails échangés entre Paris et la Laponie. De quoi faire découvrir un genre rarement abordé dans la littérature jeunesse. 

Ce ne sont que des petites incartades dans un texte à la construction plutôt traditionnelle, mais cela lui donne un cachet. 
Le format, ainsi que la couverture rigide et joliment illustrée, permet au lecture de rentrer immédiatement dans une histoire à l'imaginaire riche, inspirée par un folklore qui m'était tout à fait inconnu.

Une très agréable surprise, une belle lecture, pour une aventure qui en laisse espérer une seconde toute aussi magique... 

samedi 22 novembre 2014

Mon ami Dahmer

Mon ami Dahmer, Derf Backderf
Çà et Là, 
Février 2013, 224p.

Tout d'abord je n'avais jamais rien lu aux éditions Çà et Là. De plus je n'avais aucune idée de qui était Jeffrey Dahmer, surnommé "Le cannibale de Milwaukee". Je remercie donc vivement Suspends ton vol pour m'avoir aiguillée sur ce titre explosif! 

Dans les années 70, Derf Backderf était au lycée avec ce type un peu bizarre Jeff Dahmer. Étrange mais pas méchant. Avec ses copains ils en avaient fait leur sorte de mascotte, imitant ses crises de "damerhismes", pendant lesquelles il reproduit des comportements entre l'autisme et l'épilepsie. 

Quand on est ado, on s'amuse d'un rien. Malgré tout, pas de mélange, jamais ce "fan-club de Dahmer" ne l'invite dans ses sorties, ni ne le voit en dehors des cours. Dahmer reste le bouffon rigolo du bahut.

En 1991, l'auteur, Derf Backderf, reçoit un coup de téléphone de sa femme journaliste. Une bombe qui va faire la une des journaux! Un type vient d'être arrêté, pour avoir tué "un paquet de gens" (17 victimes recensées). "Son appartement était rempli de cadavres!" Et ce mec était dans sa classe! Dès la deuxième tentative, Derf trouve qu'il s'agit de Dahmer. Il passera ensuite 20 ans a enquêter, revenir sur ses souvenirs pour comprendre si oui ou non ils auraient pu prévoir.

Dans cet ouvrage il revient donc sur la dernière année de lycée, juste avant que Dahmer ne bascule et ne devienne un meurtrier. Il repense aux moments passés avec lui, à son comportement au lycée. La vie de Jeff Dahmer en dehors du lycée. Les démons qui devaient le ronger. A partir de documents officiels, de souvenirs, de témoignages... Derf Backderf nous offre le portrait d'un jeune homme perdu et malheureux dans l'Amérique des années 70.

J'ai véritablement adoré ce titre. Le dessin qui vient typiquement de la bédé américaine des années 70-80. La mise en scène inspirée du cinéma. Chaque case semble travaillée dans son cadrage. La première scène en ce sens m'a énormément marqué. Rien que par le début j'ai su que j'aimerai. Ces quelques cases où l'on zoome sur ce jeune homme qui marche, prise en plongée, un pied après l'autre, avant de tomber sur le cadavre d'un chat. Les caricatures sont excellentes. Le noir et blanc est utilisé pour renforcer l'horreur ou le malaise de certaines situations.

Et pourtant on ne tombe jamais dans une curiosité morbide ou malsaine. 
Je n'ai pas été chercher plus loin des infos sur Dahmer. Pourquoi? Sans doute parce que j'aurais eu l'impression de basculer dans cette curiosité, alors que l'auteur reste tout à fait respectueux de son sujet. 
Il ne nous demande pas d'avoir de la compassion pour Dahmer. Non, il nous propose juste de nous présenter cet ado mal dans sa peau, homosexuel refoulé, abandonné par toute sa famille, sans amis, ni personne qui lui porte le moindre intérêt. 
A quel moment lui, ses amis, les profs et autres adultes qui le voyaient, auraient pu prévoir ce qu'il allait devenir? A quel moment aurait-il fallut lui tendre la main pour l'aider juste une fois, et peut-être lui permettre de ne pas devenir un tueur en série?
On ne naît pas mauvais. Comme le dit Dahmer, en épigraphe "Quand j'étais gamin, j'étais comme tout le monde."

Une bédé véritablement coup de poing qui nous renvois à nos propres actions auprès de ceux qui sont différents, qui nous mettent mal à l'aise ou que l'on ne comprends pas si on ne leur parle pas.