Menu

Rechercher dans ce blog

mercredi 4 février 2015

Seuls au monde, 3.

Seuls au Monde, 3, 
Camp d'isolement, 
Emmy Laybourne, Hachette, 
384p, Août 2014,
A partir de 13 ans.

Et voilà, la trilogie apocalyptique d'Emmy Laybourne prends fin. Souvenez-vous, les enfants prisonniers du Greenway, suite à la diffusion dans l'air de produits chimiques militaires dangereux, ont réussi à s'enfuir et à trouver refuge dans un camp. On pensait que c'était la fin? Et bien non? Ils ne comptaient pas abandonner Josie, qui s'était sacrifiée pour leur sauver la vie. La gentille et douce Josie, celle qui prenait soin de tous les petits. Après avoir été exposée aux produits pendant trop longtemps, la voilà métamorphosée. Comme tous les survivants du groupe O exposés, elle se retrouve enfermée dans un camp d'isolement. Et le reste du groupe, qui se considère désormais comme une famille, ne compte pas la laisser pourrir à l'autre bout du pays. Un groupe se lance à sa recherche, tout en essayant de mettre Astrid en sécurité. Car son bébé à naître semble intéresser l'armée. 

Comme je me posais la question à la fin du tome 2, il y avait bien un tome 3 pour conclure. Et oui, on l'a notre happy end. Oups. Zut j'en ai trop dit.

Dans ce dernier tome nous retrouvons donc tous les protagonistes encore en vie. Certains ont retrouvé leur famille. Les autres restent ensemble comme une nouvelle famille qu'ils se sont crée. Leur rêve? Se rendre dans la ferme de l'oncle de Niko et y vivre tous ensembles en attendant de retrouver leurs parents (à condition que ces derniers soient encore en vie).
On retrouve le même type de narration que précédemment, sauf que cette fois-ci la deuxième voix n'est plus celle d'Alex (le petit frère de Dean), mais celle de Josie. On alterne donc les chapitres racontés par Dean et qui relatent l'avancée de la mission sauvetage de Josie, avec ceux racontés par la jeune fille à sauver. On découvre donc ce qui se passe dans le reste du pays, non touché par la catastrophe chimique (du moins pas directement, et pas au moment de la fuite du centre secret de recherches de l'armée), et l'enfer que vivent Josie et les autres survivants du groupe O. Car c'est bien l'enfer qui nous est décrit ici. Des conditions de survie plus que des conditions de vie. De la saleté, de la violence, loin de toute humanité. Et la gentille et douce Josie a bien changée elle aussi. 
Quand à la mission de sauvetage, ils sont confrontés à la violence ordinaire des gens ordinaires. Désormais il n'est plus question de survie immédiate, quoique...

Un troisième et dernier tome, dans la lignée des deux précédents. Une fin positive pour une trilogie particulièrement sombre et violente. Quand des enfants et des ados, confrontés à une situation des plus violente et dangereuse, se retrouvent livrés à eux-mêmes. Obligés de grandir plus vite, obligés de se dépasser pour survivre, et de s'unir dans l'adversité. Voilà à quoi ils peuvent ressembler à la fin de ces quelques mois. 

mardi 27 janvier 2015

Si c'est un homme

Si c'est un homme, Primo Levi
Pocket, 224p
1987.

Aujourd'hui nous commémorons les 70 ans de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz. 
Aujourd'hui on veut nous faire prendre conscience de l'importance de se souvenir. Les survivants sont de moins en moins nombreux. Bientôt plus personne ne pourra nous parler directement de l'extermination scientifique et méthodique de plus de 6 millions de personnes sous prétexte qu'ils étaient juifs, tziganes, homosexuels, communistes... Pourtant ce soir à la télé on vous propose les mêmes absurdités que tous les autres soirs de l'année (heureuseent qu'il y a France 2).
Dans le contexte actuel, il est encore plus importants de se souvenir pour ne pas reproduire.
Alors ce soir, si vous ne voulez pas regarder France 2, fouillez votre bibliothèque, celle de vos parents, ou sonner chez votre voisin. Sortez Si c'est un homme de l'étagère, et (re)plongez-vous dedans. C'est un livre qu'il est INDISPENSABLE d'avoir chez soit.

Ecrit entre décembre 1945 et janvier 1947 ce livre est un témoignage poignant, qui laisse une marque indélébile en chaque lecteur. Ecrire pour exorciser. Ecrire pour témoigner et pour se libérer. Voilà pourquoi dès sa sortie des camps Primo Levi s'est lancé dans cette écriture.
Il y parle de son expérience personnelle dans le camps de la mort où il a été déporté de février 1944 à sa libération en plein hiver. On y apprends les souffrances, les humiliations, la déshumanisation qui y étaient pratiqués. 
Il faudra attendre 1987 pour que le livre soit traduit en français. 40 ans pour que la France accepte de mettre entre les mains de tous ce témoignage douloureux et puissant. 
Ce sont eux que l'on a cherché à détruire hier. Seront-ce eux ou d'autres que nous chercherons à détruire demain? Personne je l'espère. Mais pour que le passé ne se reproduise pas, il faut savoir. Connaitre devrait permettre de ne pas faire deux fois la même erreur horreur. 

Alors au diable l'incroyable talent chantant ou dansant de France, et faites travailler votre sens critique! 

jeudi 15 janvier 2015

Puzzle

Puzzle, Franck Thilliez
Pocket, octobre 2014
480p.

Je n'avais jamais lu Thilliez. Ayant oublié de prendre assez de lecture pour un aller-retour en train, je décide de m'acheter un poche pour mon voyage à la boutique de la gare. Tiens me dis-je, et si j'essayais cet auteur français?

Quelle déception...
Le livre étant sorti depuis un moment en grand format, et Franck Thilliez ayant toute une armée d'aficionados derrière lui, je vais tenté d'être brève.

Rien d'original dans ce roman. Une chasse au trésor géante, 8 candidats retenus pour participer à la phase finale qui tentent de gagner un gros paquet d'argent. Pour gagner? Il faut vaincre ses plus grandes peurs. Alors on les enferme dans un ancien hôpital psychiatrique perdu dans les Alpes. Coincés par une tempête de neige, avec sans doute un serial killer introduit à leur insu dans les locaux ils sont sensés poursuivre leur chasse au trésor sans que personne ne soit au courant de leur présence en ces lieux qui doivent foutre les jetons.
En réalité on s'ennuie un peu. Pas de grande surprise, pas de rythme haletant. 
Si vous voulez lire un bon livre bien flippant, huis clôt de personnes coincées par la neige, choisissez plutôt Shinning ou Misery de Stephen King.
Si vous voulez lire un bon roman dans un hôpital psychiatrique, je vous conseille Shutter Island qui est tout de même un peu meilleur.
D'ailleurs Monsieur Thilliez s'en est sans doute fortement inspiré...

Comme un bonbon déjà sucé ayant perdu toute saveur, un thriller sans surprise. 

mardi 13 janvier 2015

Le cabinet du Docteur Black

Le cabinet du docteur Black, 
par E.B.Hudspeth, 
Le pré aux clercs, Septembre 2014, 
194p.

Voici un livre bien étrange, très beau mais aussi très dérangeant, que nous offrent les éditions Pré aux Clercs. Cet ouvrage mêle mythologie, histoire, récit fantastique et sciences. Un cabinet de curiosités qui est une curiosité à lui tout seul.

Spencer Black était médecin chirurgien très talentueux dans les années 1870 aux Etats-Unis. Très prometteur et très doué, il s'était spécialisé dans les opérations de malformations. Toujours à la recherche de nouvelles malformations surprenantes à opérer, il aurait fini par développer des théories sur l'évolution. Pour lui, chaque malformation serait le retour d'une des nombreuses tentatives de la nature pour créer l'Humain parfait. Car le corps humain est une machine fantastique où chaque chose à son utilité et sa place. Mais pour le Dr Black, la Nature n'a pu aboutir à ce résultat qu'après des tâtonnements et des tentatives hasardeuses. Ainsi il pense que les créatures mythologiques ont véritablement existé, et que les bébés qui naissent mal formés, ne présentent que des résurgences de ces tentatives très anciennes. 
Ne pouvant prouver à l'aide des squelettes existants ses théories, le Dr Black va progressivement sombrer dans la folie et tenter des greffes pour faire naître ces bêtes mythologiques improbables. Et à l'époque ou les cirques de Freaks et les spectacles de curiosités et de monstruosités étaient légions et appréciées du public, quoi de mieux que de créer des êtres hybrides vivants?

Dans la première partie du livre nous avons une biographie du Dr Black. Une biographie historique émaillée des écrits de son journal intime. On y voit le Dr Black plonger progressivement dans la folie, se déconnecter du monde réel. Plus il avance dans ses recherches et réussis ses greffes sur des êtres vivants, moins il comprends l'animosité et le rejet de ses contemporains à son égard. Les gens viennent à ses représentations, sans doute attirés par cette fascination morbide, sont ensuite révulsés par les abominations présentées par Black, quand ils ne les rejettent pas tout bonnement en cherchant la supercherie.

La seconde partie du livre reproduit son ouvrage, "Codex des espèces animales éteintes" édité en 1908. 6 exemplaires ont été imprimés avant que Black ne fasse stopper le projet et ne disparaisse dans la nature. Ce Codex est fait comme tous les manuels de référence anatomique à l'intention des naturalistes de tous bords. Sauf qu'ici, au lieu de nous proposer les planches anatomiques des différentes variétés de scarabées, Black nous offre celles des espèces mythologiques du règne animal. Du Sphinx à Ganesh, en passant par la sirène ou Cerbère, ce sont des planches très détaillées des squelettes, des muscles et autres couches du corps de ces créatures. Ces planches sont magnifiques.

Autant vous le dire tout de suite, ce livre est sorti tout droit de l'imaginaire de Hudspeth, écrivain et illustrateur américain. Mais on se laisse prendre au jeu. Sur fonds de vérités historiques, comme les Freaks Show ou les découvertes scientifiques en matière de chirurgie de l'époque, sont le prétexte à une théorie effrayante imaginaire. 
C'est un texte véritablement original, bien qu'il ne brille pas par ses qualités littéraires. J'ai été happée par cette lecture, d'autant plus attrayante qu'elle fait échos avec la série The Knick dont je suis totalement fan. 

Petits bémols tout de même: l'emplois du terme ADN totalement anachronique, et les légendes des planches anatomiques un peu légères à mon goût (je ne suis pas du tout calée en anatomie, mais il me semble que les médecins ont un vocabulaire scientifique beaucoup plus riche que celui que nous propose l'auteur).



Les enfantillages d'Aldebert

Les enfantillages d'Aldebert, 
Aldebert et Simon Moreau, 
Gallimard Jeunesse Musique, 
octobre 2014
44p + 1cd
A partir de 4 ans.

Vous ne connaissez pas encore Aldebert? Alors il faut y remédier!
Voici un nouvel album de 17 chansons en duo avec (entre autres) Louis Chedid, Sanseverino, Bénabar, François Morel, Alexis HK...
Des chansons sur les enfants, pour les enfants, accompagnées des paroles illustrées par Simon Moreau. C'est chouette, ça swingue. 
Un petit coup de cœur pour le troisième morceau de l'album, "La maison monde". Dans ce titre l'enfant aimerait voyager, en attendant il le fait dans son immeuble grâce au brassage culturel. Passant d'un étage à un autre il découvre d'autres cultures mais aussi d'autres styles musicaux avec Kassav', Les Yeux Noirs et Zola Tempo. 

Pour découvrir l'univers d'Aldebert pour les enfants, le clip Les Amoureux, en duo avec Claire Keim (piste 8 de l'album).


samedi 10 janvier 2015

Les caniveaux de la gloire

Les caniveaux de la gloire, 
Pixel Vengeur et Monsieur le Chien
Fluide Glacial, Trafik, 
Septembre 2014, 64p

Reçue dans le cadre d'une opération sur Babelio, rien que le titre et les auteurs me donnaient envie.

16 histoires courtes, comme des sketchs, de quelques pages chacune. Les auteurs y abordent plusieurs thèmes comme l'adoption dans les pays pauvres (pour moi la meilleure de l'album), les vacances low coast, les vidéos de chats sur Internet (bien bonne aussi), le SM, les GN, les geeks, le handicape... 
Si une unité apparaît dans le trait de ces deux auteurs, ce n'est pas tout à fait le cas dans le niveau des histoires.
J'aime l'humour noir et souvent trash que l'on peut trouver dans les pages de Fluide Glacial. Ici j'ai trouvé la plupart des histoires sans intérêt. Pas toujours drôle, on se demande parfois où est la chute ou le gag, pas toujours fin ni intelligent. L'humour noir est difficile. Et pourtant Pixel Vengeur et Monsieur le Chien ne sont pas des débutants. Pourtant avec moi ça n'a pas fait mouche. Dommage.

vendredi 9 janvier 2015

Le jour où je me suis déguisé en fille

Le jour où je me suis déguisé en fille, 
David Walliams,
Gallimard Jeunesse, 240p
février 2010
A partir de 9 ans.

Lorsque j'ai lu Joe Millionnaire, j'ai fortement pensé à Roald Dahl. Je ne m'étonne donc pas de lire qu'à sa sortie, en 2009, en Grande-Bretagne, ce roman est arrivé finaliste du "Prix Roald Dahl de l'humour".

Nous sommes en Angleterre, dans une ville ordinaire. Dans une maison ordinaire, perdue dans une rue ordinaire, vit Dennis. A 12 ans il vit seul avec son père et son frère aîné, John. Il adore le foot, et c'est même le meilleur butteur de son collège. Mais Dennis ne se sent pas ordinaire. D'ailleurs, pour preuve, il partage un secret avec Lisa, la plus belle fille de l'école. Une passion dont il ne sait pas s'il faut avoir honte ou pas. Dennis est un fan de mode, et plus particulièrement de robes. Il peut passer des heures à regarder les pages glacées des magazines de mode pour admirer toutes ces jolies robes, qui font de si jolies silhouettes aux femmes. C'est injuste que les garçons ne puissent porter eux aussi de si jolies tenues!
Qu'à cela ne tienne, Lisa lui propose d'essayer des robes quelle coud elle-même. Et cela lui va si bien qu'ils tentent un pari. Et si Dennis passait une journée entière à l'école habillé en fille, est-ce qu'il pourrait tromper ses camarades, ses professeurs, et passer une journée incognito dans une jolie robe?

Voilà le début de ce livre drôle, au héros irrésistible qui nous offre des situations cocasses en osant être lui-même. Il y a une part de Billy Elliot dans ce petit roman. Drôle et attachant ce roman est un véritable plaidoyer à la tolérance, qui revendique haut et fort le droit à la différence. 
Dennis est un jeune garçon mal dans sa peau. Non pas parce qu'il serait homosexuel ou transsexuel (j'entends déjà les critiques s'élever), mais juste parce qu'il a honte de s'intéresser à des trucs de filles. Mais aussi parce qu'il a l'impression de n'avoir rien en commun avec son père ou avec son frère. Il pense être le seul à qui sa mère manque. Et dans une cellule familiale très masculine où l'on ne se parle pas de ses sentiments, Dennis se sent bien seul. Il se sent différent. Et pourtant... Darvesh, son meilleur ami, Sikh, a une éducation et une culture différente de celle de ses camarades, et lui se sent bien dans sa peau. Il faut juste que Dennis apprenne à exprimer sa passion pour la mode féminine, qui lui permet de dire au monde ses sentiments (tristesse, joie, etc...). 
Les personnages secondaires sont eux aussi très intéressants et apportent leur touche de consistance à ce roman. 
On retrouve aussi les petites interventions de l'auteur, qui s'adresse directement aux lecteurs, comme David Walliams aime le faire. Cela renforce le lien entre le lecteur et le roman, le tout avec drôlerie: "Si péter avait été une discipline olympique (au moment où j'écris ces lignes, on me confirme que ce n'est pas le cas. Ce qui, de mon point de vue, est une honte!), il aurait remporté quantité de médailles d'or et aurait été fait chevalier par la reine." (p15)

Avec humour, et aidé des dessins de Quentin Blake (et oui! Encore le grand Quentin Blake!) David Walliams offre aux jeunes lecteurs un roman qui aide à réfléchir.