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jeudi 28 juillet 2016

Dis-moi si tu souris

Dis-moi si tu souris, Eric Lindstrom
Nathan, 396p
2 juin 2016
A partir de 13 ans

Parker a 16 ans. Depuis un accident alors qu'elle en avait 7, elle est aveugle. Pas sourde, ni stupide, comme elle aime nous le rappeler. Non juste aveugle. Elle vit dans le noir, et a parfois du mal à comprendre le monde qui l'entoure. Elle est capable de déchiffrer une tonalité de voix, mais elle ne peut pas lire sur les visages. Et puis de nombreuses choses lui échappent. Alors elle aime bien parler, dire ce qu'elle ressent, pour que les autres, autour, en fassent de même.
Cette année il y a de nombreux bouleversements dans sa vie. Son père vient de mourir, du coup son oncle, sa tante et leurs 2 enfants viennent de s'installer dans son univers. Et puis l'un des lycées de la ville a fermé, tous les élèves se retrouvent donc dans son établissement. Et parmi eux il y a son pire ennemie, anciennement meilleur ami/ premier petit copain. Alors là ça fait vraiment beaucoup pour Parker!

Bon tout d'abord j'étais très séduite par la thématique. Il me semble que c'est la première fois que je lis un roman sur la cécité. Et j'ai adoré la manière dont c'est rendu. Le fait que Parker soit la narratrice change totalement le rapport au monde extérieur. Pas de description de son environnement ou de son entourage, sinon par les sons. On ne sait pas si les gens autour d'elle sont grands, petits, gros, minces, blancs, noirs, asiatiques... Parker ne le voit pas, du coup le lecteur non plus. On sait par contre qu'une voix est sexy, qu'une manière de parler est attentionnée, toujours pleine de larmes, agressive... Parker se fie à ses oreilles. Il y a donc dans ce roman beaucoup de dialogues, et d'introspections. Car oui, Parker est tout de même un peu centrée sur elle. Mais comment le lui reprocher? Déjà c'est une ado, donc centrée sur son nombril, normal. Mais en plus elle ne voit pas le monde qui l'entoure, son univers se résume à du noir, à ses pensées, et a des bruits autour d'elle. Il est donc plus facile pour elle de s'imaginer que le monde lui tourne autour. Cela peut sembler agaçant, mais personnellement j'ai plutôt adhéré.

J'adore la couverture. C'est assez rare que j'en parle. Mais l'illustration de Parker avec son bandeau smiley sur les yeux est tout à fait dans le thème du roman. Elle aime afficher son handicap pour que personne ne lui pose de question dessus et pouvoir vivre en passant outre la majeur partie du temps. Cela fait partie de son style, ces nombreux bandeaux qu'elle assortie à son humeur du jour. Ses bandeaux, comme ses badges qui hurlent aux yeux des autres que oui elle est aveugle, c'est ce qui fait son entité. Bon il est vrai qu'elle profite un peu de son statut pour balancer régulièrement des saloperies aux gens qui l'entoure. Comme si de ne pas voir la réaction de celui à qui elle parle la préservais d'utiliser le tact et la diplomatie. Elle peut être vraiment grognasse parfois, mais je trouve que c'est ce qui fait son charme. En tous cas c'est aussi pour ça que je me suis attachée à elle.
J'adore le fait que le titre soit en braille aussi, comme les numérotations des chapitres. D'ailleurs à la fin vous avez même un petit texte en braille que vous pourrez vous plaire à traduire (et croyez pas que c'est facile!)

Ce roman ne parle pas uniquement du handicap de Parker. Il parle aussi du deuil, de la perte d'un parent. Il parle aussi de l'amour, beaucoup. Car que serait un roman adolescent sans les questions sur l'amour? Il y est aussi question de pardon, de confiance (énormément, puisque Parker est sans cesse obligée de faire confiance à autrui), d'écoute de l'autre, et de course à pieds. 

Parker, est une héroïne, une vraie. De celle qui surmonte les obstacles en serrant les dents, en les sautant comme elle sauterait des haies lors d'une course. De temps en temps elle se prends les pieds dedans, mais après un roulé-boulé au sol, elle se relève victorieuse. Elle apprend aussi à ne pas toujours enfermer la douleur. Une battante, une vraie, qui apprends a partager son fardeau quand il le faut. 
Il y a chez Parker quelque chose d'Hazel, dans Nos étoiles contraires. Quelque chose de fort et de lumineux.
Vous ne regarderez plus les aveugles du même œil désormais!

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