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vendredi 10 avril 2015

Un parfum d'herbe coupée, Nicolas Delesalle

Un parfum d'herbe coupée, Nicolas Delesalle
Préludes, janvier 2015
288p.

Troisième roman reçu dans le cadre du prix Lecteurs-Voyageurs, je n'avais aucun a priori sur ce roman ne connaissant ni l'auteur, ni même l'éditeur. 
Et ce n'est pas sans plaisir que j'ai savouré cette lecture. Et pourtant on ne peut pas dire que l'autofiction soit mon genre de prédilection.

Dans cette autofiction, Nicolas Delesalle nous raconte son enfance. Avec la mort de son grand-père, Nicolas réalise que même au sein de la famille les souvenirs disparaissent. Qui était son grand-père? Et son arrière-grand-père? Alors qu'ils font partie de sa famille, la filiation des souvenirs ne s'est pas faites. On ne sait pratiquement rien de ceux qui nous ont précédés. Des choses importantes, des faits marquants de leur vie, mais leur enfance? leurs rêves? Il décide donc d'écrire une lettre à Anna, sa future arrière-petite-fille qui n'est encore que des atomes éclatés dans l'univers. Il n'a que 40 ans, mais déjà beaucoup de choses dont il souhaiterai qu'on se souvienne quand on pensera à lui. 

Ses souvenirs d'enfance, il nous les raconte par le biais de chapitres comme des instantanés. Une suite de polaroids de l'esprit. Une odeur, une sensation, un souvenir qui émerge dans son quotidien comme autant de madeleines de Proust. 
Il n'y a pas d'ordre chronologique, car il n'y en n'a pas dans les souvenirs. Ils apparaissent à la surface de notre mémoire comme des bulles et s'écoulent entre nos doigts.
Il ne nous parle pas de ses expériences en temps que grand reporter. Les voyages à l'étranger, la guerre, la misère, tout ça ne fait pas partie du bagage qu'il souhaite léguer. Il ne parle que de son enfance et de son adolescence.
Que reste-t-il de l'enfant que nous avons été? Quels sont les souvenirs qui nous restent en mémoire parmi les milliers de tiroirs que nous avons là-haut?
Les fusées avec lesquelles il tentait d'envoyer des sauterelles dans l'espace l'été. Le premier moment de bien être à ne rien faire avec cette odeur d'herbe coupée plein les narines. Des professeurs. Un premier baiser avec la langue. Ses premiers ceps trouvés grâce à Totor. Raspoutine, le chien de la famille, qui partagea son quotidien pendant de si nombreuses années. Les Pépitos en été.

On se laisse porter par son écriture simple et sensible. On se prends à repenser à sa propre enfance, à ses expériences. On se laisse entraîner sur le chemin des souvenirs avec plaisir. C'est un texte facile à lire, dans lequel on se glisse avec plaisir comme sous une couette chaude et douillette. C'est réconfortant et rafraîchissant. 
Un texte qui se laisse lire comme on mangerait un bonbon, et qui donne le sourire. 

"Les adultes font souvent mine de s'étonner du désespoir baroque des adolescents, mais cet étonnement est un leurre, ils n'y croient pas eux-mêmes; au fond, ils savent très bien à quel point c'est compliqué de se relever quand on tombe de son enfance" (p47)

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