Menu

Rechercher dans ce blog

mardi 28 mai 2013

Obscurantisme et fanatisme.

Un pays plus vaste que la terre, Wiley Cash
Belfond, 282p.


Attention ne vous fiez pas à la couverture (que je ne trouve pas extra du tout)!

Nous sommes dans le Sud des Etats-Unis, dans une petite bourgade du nom de Marshall. Sans doute dans les années 80, allez savoir...
Dans cette petite ville la vie des habitants est rythmée par le travail dans les champs de tabac et par les prêches à l'église. Mais dans une des petites églises de la ville, calfeutré derrière des feuilles de papier journal jaunies, le pasteur Chambliss domine ses ouailles. Cet homme mystérieux, charismatique, et imposant à des méthodes toutes particulières pour éradiquer le Diable. Jusqu'à ce qu'un drame vienne entacher son image et celle de la congrégation. Un drame ou un carnage?

C'est un roman poignant que nous offre Wilhey Cash. Un roman sur la folie d'un homme qui se cache sous le couvert de la religion. Chambliss impose son pouvoir au nom de Dieu, il domine et soumet ses ouailles à ses désirs en les maintenant dans l'illusion de la rédemption. 
L'histoire est racontée par trois voix, une vieille fille qui a quitté la congrégation religieuse il y a fort longtemps et qui fait le catéchisme aux enfants les protégeant de l'obscurantisme du pasteur Chambliss; un vieux shériff brisé par un drame personnel; et Jess, un petit garçon de 9 ans dont la famille va être totalement détruite par le pasteur.
La voix de Jess est celle qui m'a le plus touché. Sa vision du monde à hauteur d'enfant est émouvante. Il se retrouve au centre d'un engrenage qui le dépasse totalement et rêve seulement que tout redevienne comme avant. 

Ce que j'ai aimé dans ce roman c'est sa simplicité et sa justesse. Assez proche de la littérature naturaliste américaine, Wilhey Cash fait parler les américains du terroir. Le ton y est naturel, simple, efficace. 
Car sous ce texte simple, il nous offre une véritable dénonciation de tous les fanatismes religieux.

"Les mirages et les miracles c’était peut-être bien pareil. Un peu comme si maman était perdue dans le désert et qu’elle avait tellement soif qu’elle était prête à voir le premier truc qui l’aiderait à imaginer qu’en fait elle était pas perdue."

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Mon blog se nourrit de vos commentaires, mais veillez à être respectueux!