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lundi 19 octobre 2015

Avant j'avais deux seins

Avant j'avais deux seins, Delphine Apiou
Robert Laffont, Septembre 2015
158p

C'est très très rare que je me lance dans la rédaction d'un avis directement après avoir terminé un livre. D'habitude j'attends un peu que les premières émotions de lecture soient passées, que le texte soit un peu digéré, pour me lancer dans la rédaction. Alors voici une exception qui confirme la règle (et en plus j'ai l'intention de poster ce texte juste après la rédaction, sans le laisser mariner 10 ans dans la case "brouillons").

Je viens juste de terminer un excellent petit livre. Avant j'avais deux seins de Delphine Apiou. La vache je viens de lire un témoignage! Et sur le cancer du sein! Si un jour on m'avait dit que je le ferais j'aurais rit, fort. Comme j'aurais ris si on m'avait dit à 25 ans que j'aurais un cancer à 30 ans à peine.

Dans son livre Delphine Apiou ne parle que peu des traitements, des douleurs, de la fatigue et tout ce que l'on sait du cancer. Non elle parle de l'intime. Que se passe-t-il dans l'intimité face à un cancer? Comment l'annoncer? Comment s'épauler? Comment regarder son nouveau corps? Comment gérer les annonces des médecins?
Bien qu'on soit toutes différentes, que les annonces soient toutes différentes (je bénie son médecin qui lui a annoncé si délicatement. Moi j'aurais bien planté un stylo dans l’œil de mon gynéco. C'est pas parce que j'avais pris l'annonce du cancer sereinement avec le sourire que l'annonce de la mastectomie devait être faite avec autant de désinvolture), bien que les réactions de l'entourage soient elles aussi variées, je me suis souvent retrouvée dans son texte. Elle m'a touché. 
Son texte est souvent drôle (rassurée. Je ne suis pas la seule tarée à avoir envie de sortir une blague au médecin pour faire retomber la pression et l'angoisse qui m'envahissent), souvent touchant, et toujours juste.

Je ne peux que la remercier de mettre des mots simples et bien tournés sur ce que nous sommes de plus en plus nombreuses à traverser. Parce que l'acceptation de son nouveau corps, ce corps amputé d'une partie importante (quoiqu'on en dise) de notre féminité, se voir nue, se montrer nue, avoir une relation amoureuse sereine sont des choses dont les médecins ne parlent pas quand on discute avec eux. La sexualité, le bien être psychologique ne sont pas des notions qui les intéresse plus que ça. Au mieux ils nous proposent de rencontrer un(e) psychologue (et je remercie la mienne), au pire ils restent silencieux sur ces sujets. Et si on ne pose pas les questions, autant vous dire que vous restez seule dans votre coin.

Je ne sais pas si ce texte peut vous intéresser, vous les femmes qui n'y avez jamais été confronté. Je ne sais pas si vous, messieurs, vous y trouverez un intérêt (et pourtant ça pourrait vous faire du bien, même si votre femme n'a pas de cancer). Mais je sais que son texte m'a fait du bien. 
Alors merci. 
Merci aussi de m'avoir appris des nouveaux mots comme nullipare et mammectomie.

3 commentaires:

  1. Et on ressent ton émotion à la lecture de ton avis ;-)

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  2. Sur mon blog littéraire, j'ai cliqué sur blog suivant ... et je suis tombé sur le votre. Je suis très touché par cette chronique.

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