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lundi 9 mars 2015

La nuit a dévoré le monde

La nuit a dévoré le monde, 
Pit Agarmen (Martin Page), 
J'ai Lu, Août 2014, 
192p.

Antoine Verney est un auteur de littérature sentimentale qui aime la solitude. Invité par une amie à une soirée dans son appartement parisien, il s'y rend. Mais mal à l'aise parmi ces convives bobo-intellos qu'il ne connait pas, il fuit et se réfugie dans la bibliothèque de son hôte, une bouteille comme alliée.
A son réveil le lendemain matin, les manteaux des invités sont encore là. Et pourtant, plus un bruit dans l'appartement. Avec une gueule de bois carabiné, Antoine sort de la bibliothèque pour explorer l'appartement. Et là l'horreur!
Carnage dans le salon. Du sang partout. Un cadavre sans tête au milieu du salon. Que s'est-il passé? 
Dehors c'est l'Apocalypse. Des hordes d'hommes et de femmes courent après d'autres. Des tirs retentissent. Des feux partout. Des accidents de voitures. Des morts au milieu de la rue qui se relèvent.
"Comment appelle-t-on des êtres qui ne s'arrêtent pas après avoir pris une dizaine de balles dans le corps et qui confondent les gens avec des sandwiches ? La réponse est évidente. Je ne suis pas du genre à me voiler la face. J'ai une devise depuis l'enfance : quand on pense au pire, on a souvent raison."
Antoine semble être le seul survivant à une attaque de zombies.
D'où sortent-ils? Qu'est-il arrivé? Nous ne le saurons pas. Nous sommes seuls avec Antoine. Il croyait fuir le monde et les gens, et se rends compte alors de ce qu'est la véritable solitude. Seuls avec des êtres qui n'attendent que sa sortie pour le dévorer.
Seul avec des livres et un rosier. 

Ecrit comme un journal intime, ce roman de Martin Page revisite donc le genre littéraire de la littérature de zombie. 
Véritable phénomène littéraire et cinématographique depuis quelques années, les zombies fascinent.
Ici nous avons de nouveau monsieur tout le monde confronté à une horde d'exterminateurs assoiffés de chair humaine qui ne sont même pas capable d'attraper un pot de confiture sur le haut d'une armoire. Mais ils ont beau être cons, ils n'en sont pas moins la nouvelle espèce dominante.
Mais dans ce roman on est loin du nanar. Ce roman renoue avec les premiers films de Romero sur le sujet. Les zombies sont le prétexte à nous offrir une satire sociale. Martin Page réfléchi sur la vacuité de notre monde, sur la solitude, le temps qui passe, mais aussi sur la mortalité de notre espèce et l'extinction de l'humanité. Aujourd'hui nous sommes dans le salon a discuter, rire et réfléchir sur des choses que nous jugeons importantes, mais qui n'ont plus aucun intérêt face à la fin du monde.
Toutes les données dématérialisées que nous partageons et créons tous les jours ne sont plus rien dans l'univers de ce roman. Ne restent que les choses tangibles comme les romans papier, les œuvres d'art. Antoine se remet même à la photographie sur pellicule. 


Un roman d'une grande force, qui nous fait vivre 6 mois d'angoisse au milieu d'un Paris infesté de zombies.

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