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vendredi 9 août 2013

Musique et politique

Dans la gueule du loup, Olivier Bellamy
Buchet Castel, 184p.

Sortie prévue le 29 août 2013.

Nous sommes à Paris en 1932.
Prokofiev, exilé politique, commence à se lasser de la France, et surtout des français qui ne comprennent pas sa musique. Une lettre arrivée d'Union Soviétique lui propose de rentrer dans sa terre natale pour devenir le compositeur du peuple. Staline passe la brosse à reluire. Et Prokofiev, fier, s'emballe pour ce retour qu'il imagine triomphal: "Ils ont besoin de moi, de ma réputation, de mon prestige pour faire croire au monde entier que l'URSS est la panacée de l'humanité, que le communisme crée des génies bien plus sûrement que le capitalisme."
C'est donc avec femme et enfants qu'il rentre en Russie. Mais il vient de se jeter dans la gueule du loup. Jamais plus il ne pourra quitter le territoire. Retenu à Moscou, son travail est de plus en plus bridé par Staline. On lui demande de faire une musique plus accessible, il n'a plus le choix de ses compositions. Une dictature politique et artistique romancée par Olivier Bellamy, chroniqueur à Radio Classique.

C'est un roman qui se lit très vite, et qui ne demande pas d'avoir des connaissances en musique classique pour apprécier le ton et le thème. D'ailleurs hormis Pierre et le Loup, je suis totalement inculte en Prokofiev! Mais tout au long du roman on a envie d'accompagner sa lecture de ses morceaux. Pourtant je ne l'ai pas fait. Pourquoi? Et bien parce que le texte en lui même est très rythmé, très enlevé, il est lui même très musical. Ce roman est un peu écrit comme une pièce de théâtre. Les personnages de Prokofiev et de sa femme Lina (ancienne chanteuse d'opéra qui a mit un terme à sa carrière pour son mari et ses enfants), sont grandiloquents et théâtraux. Ils parlent avec emphase, rendant les scènes vivantes. 
Seul bémol, les analogies... Il y a, en effet, des comparaisons tout le long du roman. Mais vraiment beaucoup. Quasiment à chaque petite description. 

Quelques exemples parmi tant d'autres:
"Le front de Lina se fait soucieux comme si elle prenait subitement conscience qu'une fuite d'eau peut toucher tout un chacun."
"Lina lance un rire léger et ouvre un coffret sur le bureau en levant un pied comme si elle hésitait entre un marron glacé et un chocolat à la liqueur."
"Prokofiev se lève et se met à déclamer comme s'il défendait un ambitieux projet de loi à la chambre des députés".

Ce ne sont que trois exemples retrouvés au hasard des pages. Mais dans mon souvenir il y en a des tas. J'ai même eu la sensation que plus j’avançais dans le texte, plus il y en avait. Ou alors, le fait de les avoir remarqué me les faisait sauter au visage comme une mouche me volant autour de la tête en cette période de canicule. Toujours est-il qu'au bout d'un moment, ça m'a un peu agacé. 

Il n'en reste pas que c'est un roman dont j'ai encore un très bon souvenir. On y découvre la vie artistique parisienne à l'aurore de la Seconde Guerre Mondiale, puis celle des artistes Soviétiques pendant la guerre et sous le durcissement du régime stalinien. Un bon roman historique qui permet de découvrir ou redécouvrir le personnage et la musique de Prokofiev.

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