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samedi 2 mars 2013

Souvenirs perdus

La tête en l'air, Paco Roca
Delcourt, 112p.
Alors qu'il commence à perdre la tête, Ernest est placé par son fils dans une maison de retraite. Il découvre alors un nouveau monde, un nouveau rythme, une nouvelle vie, et doit s'y adapter. Il y fait des rencontres de ces pensionnaires qui vont plus ou moins bien. Lui a l'impression d'aller bien, juste quelques petits oublis. Jusqu'à ce que le médecin lui avoue un début d'Alzheimer. Désormais aidé de son compagnon de chambre, il va lutter contre son pire ennemie, le temps.
Magnifique! Dans ce roman graphique Paco Roba ne joue pas avec le pathos. C'est touchant. Les personnages sont tous différents, ne se comprennent pas forcément, mais ils vivent ensembles. 
Ernest est attendrissant. Il fait face à l'abandon de son fils, se montre fort et détaché alors qu'il ne l'est pas. Mais il a un combat à mener pour ne pas finir à l'étage (une sorte de mouroir de la maison de retraite). Ses souvenirs s'effilochent petit à petit, il perd ses mots. Un combat bien plus difficile que celui que doivent mener la majorité des pensionnaires, contre la dégénérescence physique. Dans cette routine rythmée par les repas et les siestes, ils semblent tous s'éteindre à petit feu. Mais il y a encore de la vie dans cette maison, des individualités. 
J'ai adoré le personnage d'Emile. Cet homme sans famille ni attache, qui vit à la maison depuis longtemps, et rackette les petits vieux qui perdent la tête. Il partage la chambre d'Ernest et progressivement va l'aider à partager son fardeau, s'impliquant de plus en plus, à mesure que la charge grandie. Son évolution est très humaine. Il apporte de la fraicheur et de la vitalité. De plus ses échanges avec Adrienne sont souvent drôles.
Un album très humain et tendre, qu'on lit avec grand plaisir. Un sourire aux lèvres, et la boule au ventre.
    

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